4sept2023

Un rendement adapté à l’évolution des marchés et une récolte exceptionnelle : les conditions sont réunies en 2023 pour renforcer la réserve climatique CognacCommuniqué,

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

04.09.2023

Un rendement adapté à l’évolution des marchés et une récolte exceptionnelle : les conditions sont réunies en 2023 pour renforcer la réserve climatique Cognac

En raison de conditions climatiques exceptionnellement favorables, la récolte 2023 s’annonce très abondante et homogène sur l’appellation Cognac. Au même moment, le comité permanent du BNIC vient de valider ce jour un rendement annuel maximum autorisé de 10,50 hectolitres d’alcool pur par hectare (hl AP/ha), dans un environnement économique mondial qui affecte le commerce des spiritueux en général. Ce contexte doit permettre de reconstituer au niveau individuel et régional une réserve climatique dont le niveau est aujourd’hui trop bas. C’est un enjeu pour toute la filière, raison pour laquelle un dispositif d’accompagnement financier innovant est pour la première fois proposé. Une fois la réserve climatique constituée, le fléchage d’excédents éventuels vers d’autres débouchés devra être géré avec la plus grande rigueur, dans le respect de la réglementation et des grands équilibres de nos filières.

UNE RÉCOLTE 2023 EXCEPTIONNELLE

La récolte 2023 s’annonce à Cognac comme l’une des plus abondantes des dix dernières années, grâce à des conditions climatiques exceptionnellement favorables d’un point de vue agronomique et l’absence d’aléa climatique notable. La vigne est saine et a été relativement épargnée par la maladie, l’Ugni blanc ayant notamment montré cette année une bonne capacité de résilience face au mildiou.

Les grappes sont nombreuses et volumineuses et les analyses indiquent une bonne qualité de raisin. Les températures modérées du mois de juillet, suite à un mois de juin chaud, n’ont pas ralenti le développement des grappes. La véraison, marquée dès la semaine du 7 août, annonce le début de la période de maturation, dans un contexte de pics de chaleur. Quelques symptômes d’échaudage sont observés mais leur impact reste modéré. Dans ce contexte, la récolte sera particulièrement homogène sur l’ensemble de l’appellation.

Les vendanges seront précoces : elles débuteront à partir du 11 septembre pour obtenir une qualité optimale pour les vins destinés à la production de Cognac. Les tensions sur le marché du gaz sont moindres que l’année dernière et les stocks français sont remplis. Un début de distillation tôt dans la saison sera néanmoins cette année encore une approche de prudence nécessaire en même temps qu’un gage de qualité. 

UN RENDEMENT ANNUEL MAXIMUM AUTORISÉ DE 10,50 HL AP/HA 

Sur proposition du comité permanent du BNIC, la section ODG a validé, ce jour, un rendement annuel maximum autorisé de 10,50 hl AP/ha [avec un objectif de production moyenne à l’hectare de 10,45 hl AP]. Ce rendement, issu du Business Plan Cognac et d’une décision collective des viticulteurs et des négociants de la filière, sera soumis à l’instance consultative régionale de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (CRINAO) pour être entériné au niveau national en septembre.

Comme chaque année, il est calculé en tenant compte d’une part de la quantité de Cognac que la région doit produire pour répondre aux besoins des marchés, estimée à 894 518 hl AP cette année, soit un objectif de production moyenne à l’hectare de 10,45 hl AP, d’autre part, la réalité agronomique de l’année avec une prévision de production de vins de 145 hl /hectare et un degré d’alcool (TAV) de 9,8° et enfin la prise en compte d’une très grande homogénéité de la récolte sur l’ensemble de l’appellation.

Cette décision tient compte du fait que depuis quelques semaines la dynamique commerciale des spiritueux sur le marché international est moins lisible. Le Cognac confirme ses perspectives de croissance à moyen et long terme mais la situation de court terme nécessite un pilotage rigoureux. Après trois années exceptionnelles au tournant du Covid, les spiritueux dans leur ensemble voient leurs ventes ralentir depuis mi-2022. Les principales catégories sont concernées. Différents scenarios de reprise sont évoqués au niveau mondial, que nous avons pris en compte et qui sont en cours d’analyse. Le Business Plan Cognac a été mis à jour pour tenir compte de ces incertitudes. La décision de rendement annoncée ce jour résulte de cette approche rigoureuse. D’ici quelques semaines, notre demande d’autorisations de plantations nouvelles se fera aussi de la même façon et elle portera sur un nombre d’hectares réduit par rapport aux années précédentes.

RENFORCER LA RÉSERVE CLIMATIQUE COGNAC : UN OBJECTIF POUR TOUTE LA FILIÈRE

La récolte sera importante et le rendement annuel maximum autorisé est fixé à un niveau relativement bas. Cela doit permettre de reconstituer un stock de réserve climatique adapté aux besoins de la filière. Il s’agit là du principal enjeu de la campagne qui démarre. Les efforts de tous doivent se conjuguer dans l’atteinte de cet objectif collectif.

LE RÔLE DE LA RÉSERVE CLIMATIQUE COGNAC

  • La réserve climatique Cognac correspond à un stock d’eaux-de-vie (de 10 hl AP/ha /cru), placé en cuve inox et donc non soumis au vieillissement. L’eau-de-vie peut ainsi être « libérée » et introduite dans la production d’une année, en cas de mauvaise vendange due notamment à un aléa climatique. Elle peut ainsi être constituée entre le rendement annuel Cognac (10,50 hl AP/ha cette année) et le rendement butoir (16 hl AP/ha).
  • La réserve climatique Cognac est un outil assurantiel visant à protéger les viticulteurs qui la constituent de l’impact des aléas climatiques sur leur exploitation.
  • C’est aussi un outil collectif qui permet à la région – et à la famille du négoce- de disposer d’eaux-de-vie de qualité les années marquées par des aléas climatiques.
  • Enfin, alors que la transition environnementale dans laquelle la filière Cognac est engagée mène les viticulteurs à ajuster leurs pratiques culturales, la réserve climatique peut aussi les sécuriser face aux risques de variation de rendement que ces adaptations sont susceptibles d’entrainer.

Au cours des récentes années, la réserve climatique a été utilisée et n’a pas pu être suffisamment reconstituée. Son niveau actuel ne lui permet pas de jouer pleinement son rôle. Alors que le contexte agronomique et la décision prise sur le rendement créent les conditions favorables, il faut absolument que la campagne qui débute permette sa reconstitution en préparation de la reprise de la croissance sur nos marchés.

« Au-delà de l’aspect assurantiel, la réserve climatique garantit la pérennité et la stabilité économique de nos exploitations viticoles. Elle peut permettre à chacun de s’engager plus sereinement dans des pratiques culturales visant à accélérer sa transition environnementale et veiller à la qualité de ses eaux-de-vie. C’est aussi une sécurité pour les approvisionnements du négoce. Il faut absolument en faire le plus possible cette année dans un contexte où tout le permet, c’est notre responsabilité individuelle et collective. » déclare Christophe Veral, président du BNIC.

« Les marchés sont attentistes  mais ils vont redémarrer, nous y travaillons tous. Pour saisir cette opportunité et satisfaire la demande renouvelée de nos clients à travers le monde, la réserve climatique sera un atout majeur. Nos deux familles et l’ensemble de notre communauté doivent pleinement s’engager durant cette campagne pour relever le challenge logistique que cette mise en réserve représente. » ajoute Alexandre Gabriel, vice-président du BNIC.

Pour inciter tous les viticulteurs à renforcer leur réserve climatique cette année, l’UGVC a mené des discussions avec les caisses du Crédit Agricole Charente-Périgord et Charente-Maritime-Deux-Sèvres qui ont débouché sur la mise en place d’une offre bancaire innovante pour financer et encourager la mise en réserve climatique. Les viticulteurs souhaitant en bénéficier sont invités à prendre contact avec leurs conseillers.

Alors qu’une récolte exceptionnelle s’annonce, il est rappelé que les volumes au-delà du débouché Cognac autres que ceux destinés à la constitution de la réserve climatique doivent être gérés de façon rigoureuse et dans le respect de la réglementation. C’est un impératif individuel et collectif sur lequel l’interprofession et l’ODG seront très vigilants et sur lequel l’administration a déjà annoncé qu’elle serait particulièrement mobilisée.

crédit photo BNIC / Aurélien Terrade

À PROPOS DU BNIC

Le BNIC, Bureau National Interprofessionnel du Cognac, représente, développe et protège l’Appellation d’Origine Contrôlée Cognac en France et dans le monde.

Dans près de 150 pays où le Cognac est présent, cette AOC confère au consommateur la garantie d’une eau-de-vie d’exception. Composé à parité de professionnels de la viticulture et du négoce, le BNIC est le lieu de concertation et de décision de près de 4 300 viticulteurs et bouilleurs de cru, 120 bouilleurs de profession et 265 négociants de l’appellation.

Le BNIC agit au service de l’intérêt de ceux qui font le Cognac et de ceux qui le consomment, dans une préoccupation constante de responsabilité vis-à-vis de tous les publics de l’appellation.

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