Parole de certifié : Julien Guiet, viticulteur à Saint-Martial-de-Vitaterne & président de la CUMA La Saintongeaise
Julien cultive 25 hectares en Petite Champagne et en Bon Bois, il a obtenu la Certification Environnementale Cognac (CEC) en juillet 2025. Convaincu de l’importance du collectif dans la transition environnementale, il est également président de la CUMA (Coopérative d’utilisation de matériel agricole en commun) La Saintongeaise, qui a reçu le prix Entraide aux Trophées Cognac Vignoble Engagé 2025.
Vous avez choisi la Certification Environnementale Cognac et avez été certifié en 2025. Pourquoi maintenant ?
Cela faisait déjà plusieurs années que je travaillais à améliorer mes pratiques. Quand j’ai senti que j’étais au point, tant techniquement qu’administrativement, je me suis lancé. La Certification Environnementale Cognac (CEC) correspond parfaitement à ce que je faisais déjà, et mon objectif est désormais d’aller vers la Haute Valeur Environnementale (HVE) .
Pouvez-vous expliquer votre rôle au sein de la CUMA La Saintongeaise ?
Notre exploitation familiale était déjà en CUMA, avec du matériel mutualisé. Pour moi, l’entraide et le collectif sont essentiels. Nous ne sommes pas sur de grosses structures, et mettre en place certaines pratiques environnementales peut être coûteux. C’est plus accessible à plusieurs.
La CUMA permet aussi de partager la matière grise, de financer des formations avec des experts, de créer une dynamique de groupe. On s’entraide, on mutualise les coûts et la main-d’œuvre. C’est un vrai levier d’émulation.
Concrètement, quelles pratiques avez-vous mises en place collectivement ?
Nous avons lancé le Groupe Sol en 2023 avec six viticulteurs de la CUMA. Ce collectif rassemble des exploitations très différentes, avec tous les profils : du bio, du HVE, du CEC et même du non certifié. Cette diversité est une vraie richesse. Elle permet de tester concrètement des solutions, de comparer les résultats et de désacraliser certaines techniques.
Aujourd’hui, ce sont plus de 100 hectares de vignes concernés, avec un semoir partagé, des rouleaux FACA (ou rouleau hacheur) et désormais un épandeur à fumier. Nous organisons des chantiers collectifs pour semer les couverts ou apporter des amendements organiques.
Nous avons aussi engagé un suivi nutritionnel de la vigne avec un spécialiste, pour mieux comprendre les équilibres du sol et réduire nos apports.
Quels résultats observez-vous déjà ?
Les couverts ont changé la donne : on voit la différence dans les sols, dans leur vie et leur équilibre. Nous avons aussi réduit nos apports d’engrais grâce au suivi nutritionnel. L’émulation collective est précieuse : certains étaient réticents au départ, mais quand ils voient les résultats, ils rejoignent le mouvement.
Quels défis voyez-vous pour la suite ?
La question de l’impact carbone est devant nous. Nous n’avons pas encore toutes les solutions, mais on va devoir y travailler. L’enjeu aussi, c’est de maintenir ces pratiques vertueuses et leurs coûts malgré le contexte économique. On veut continuer à faire mieux avec moins.
La CUMA a reçu le prix Entraide lors des Trophées Cognac Vignoble Engagé 2025. Qu’est-ce que cette distinction représente pour le groupe ?
C’est une vraie fierté pour tous. Voir notre travail reconnu donne un vrai coup de boost. Cela montre que même des exploitations de taille modeste peuvent avancer ensemble et mettre en place des solutions concrètes. On espère que cette reconnaissance donnera aussi envie à d’autres de rejoindre des dynamiques collectives similaires.


