Innover pour progresser : programmes complémentaires

Les Maisons de Cognac participent activement à la mise en place de programme de recherche sur le sujet des cépages résistants et en lien permanent avec les Conservatoire du Vignoble Charentais. Le but ? Mettre au point des cépages résistants au changement climatique et moins sensibles aux maladies de la vigne.  

 

DÉJÀ 300 PLANTS HYBRIDES DANS LE CADRE D’UN PROGRAMME COMPLÉMENTAIRE PILOTÉ PAR MARTELL 

Dès 2016, la Maison Martell s’est engagée dans un programme propre de création variétale complémentaire de celui du BNIC. Pour cela, elle s’est entourée de partenaires tels que le Conservatoire du Vignoble Charentais, le BNIC, l’IFV et l’INRAE, « Nous y avons également associé nos partenaires viticulteurs et les autres maisons de Cognac, c’est un programme régional », indique Bernard Pineau, responsable de la Viticulture Durable chez Martell Mumm Perrier- Jouët. Le projet ambitionne de créer des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium mais aussi adaptées au changement climatique, en hybridant, de manière là aussi naturelle, des cépages régionaux existants (Monbadon, Montils et Vidal 36) et des variétés porteuses de gènes de résistance. « Après trois années d’hybridation, nous avons réussi à obtenir à date 300 plants, nous allons mettre les premiers en terre cette année. Durant les années à venir nous allons les observer et suivre la qualité du vin et des eaux-de-vie qu’ils vont produire ». 

Pour cela, il faut attendre que les vignes atteignent leur maturité et que leur production soit distillée, analysée et dégustée. Un processus qui peut prendre de 10 à 15 ans. Rendez-vous en 2028 ! 

DES CÉPAGES MIEUX ADAPTÉS À LA SÉCHERESSE ET AU CHANGEMENT CLIMATIQUE À L’ÉTUDE CHEZ HENNESSY 

Chez Hennessy, Mathilde Boisseau, en charge des 180 hectares de vignes exploitées en propre par la Maison, est également impliquée dans ce travail de recherche de vignes résistantes mené en collaboration avec la Station Viticole du BNIC, les autres maisons de Cognac et des partenaires viticulteurs. « C’est dans notre intérêt commun », souligne-t-elle. « Mais on est sur une perspective à 10 ans pour vérifier la qualité de la production de ces nouveaux cépages ». Depuis deux ans, elle travaille également sur la sélection de cépages mieux adaptés au changement climatique. « Nous étudions d’autres cépages que l’Ugni Blanc, comme le Monbadon en collaboration avec le BNIC, le Conservatoire du Vignoble Charentais et d’autres maisons de Cognac, pour explorer leur adaptation au changement climatique et notamment vis-à-vis de la date de vendange. En parallèle nous finançons depuis deux ans une thèse sur l’adaptation des cépages à la sécheresse avec l’INRAE de Bordeaux, afin de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation mis en œuvre. » note-t-elle« Nous attendons d’ici un an les résultats de celle-ci ». 

DES ITINÉRAIRES TECHNIQUES INNOVANTS POUR RÉDUIRE LES PESTICIDES DE SYNTHÈSE CHEZ RÉMY MARTIN

Au-delà de son implication dans le programme de recherche de la filière Cognac sur les variétés de vignes résistantes, la Maison Rémy Martin s’est engagée aux côtés de l’IFV dans la mise en place d’une plateforme
expérimentale pionnière : le projet Biocontrôle et Equilibre des Ecosystèmes (BEE). Il vise à établir des règles de décision dans le but de réduire de 75 % l’indice de fréquence des traitements (IFT) en utilisant notamment des produits de biocontrôle sans CMR ou par la mise en œuvre de mesures préventives. Il intègre également une notion de raisonnement de la fertilisation de la vigne au plus juste de ses besoins, tout en préservant le niveau de qualité de la récolte, du rendement et des eaux-de-vie. « Nous sommes fiers de co-porter ce projet qui consiste, durant 6 années, à développer et proposer un itinéraire technique de production adapté à nos spécificités régionales. C’est un projet innovant, collectif et porté au niveau national », indique Laura Mornet, Responsable Conseil Fournisseurs et Recherche & Développement Viticulture de la Maison Rémy Martin.