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L’année est à ce jour très précoce : les vendanges pourraient commencer dès le 10-15 septembre pour les parcelles non gelées, et peu après sur les parcelles gelées, qui devraient en partie rattraper leur retard.
Note sur l’état du vignoble et les prévisions de récolte
03/07/2017
Mercredi 28 juin 2017 : note de la station viticole du BNIC
Le gel de printemps a touché quasiment la moitié du vignoble de Cognac. Sur l’ensemble des parcelles gelées, le potentiel de rendement avoisine 30 hL/ha en moyenne, avec certaines parcelles qui ne portent quasiment pas de grappes. Sur l’ensemble des parcelles non gelées, le potentiel de rendement avoisine en moyenne 90 hL/ha, ce qui n’exclut pas des potentiels nettement plus élevés par endroits. La forte dispersion des potentiels de rendement rajoute une incertitude sur l’évaluation du potentiel de rendement global du vignoble, qui pourrait se situer autour de 70 hL/ha.

L’année est à ce jour très précoce : les vendanges pourraient commencer dès le 10-15 septembre pour les parcelles non gelées, et peu après sur les parcelles gelées, qui devraient en partie rattraper leur retard.


Le vignoble de Cognac a subi des dégâts de gel majeurs fin avril, estimés graves sur environ 25.000 ha. Au total 40.000 ha seraient concernés (voir note du 05 mai 2017)

Ce contexte complique la prévision de récolte et l’interprétation des indicateurs habituellement utilisés à cette période : nombre de grappes compté sur le réseau de parcelles maturation, et mesures polliniques (peu exploitables cette année).

Sur le réseau de parcelles maturation ont été réalisés deux comptages en 2017 :
  • sur toutes les parcelles : comptage des grappes d’origine et estimation des dégâts de gel d’après les pousses détruites,
  • sur les parcelles gelées : comptage des grappes ressorties après le gel (« néoformées »).

A l’issue du premier comptage, le nombre de grappes moyen est 32 mille/ha. La figure ci-dessous montre le lien entre le pourcentage de gel global et le nombre de grappes d’origine.
Deux populations de parcelles se distinguent nettement:
  • 32 parcelles non gelées ou très peu touchées (58% du réseau) : nombre moyen de grappes de 49 mille (53 mille grappes en 2016 pour ces mêmes parcelles)
  • 23 parcelles gelées (42% du réseau) : nombre moyen de grappes de 9 mille.


Le second comptage montre que l’émission de nouvelles grappes varie fortement entre les parcelles. Dans l’ensemble elle est plutôt faible, sans doute moins bonne qu’en 1991, et qu’en 2016. Les contre-boutons sont assez mal ressortis, les grappes néoformées sont souvent portées par des yeux sourds sortis après le gel (base des lattes, bois de 2 ans). Les parcelles entièrement gelées se comportent un peu mieux que les parcelles partiellement gelées. Les cordons, jeunes parcelles… semblent également avoir mieux redémarré.

Sur les 23 parcelles gelées, en moyenne 13 mille grappes nouvellement sorties sont comptées. Elles portent le total des grappes à 22 mille pour ces parcelles.

La moyenne de l’ensemble des parcelles du réseau, gelées et non gelées, s’établit à 38 mille grappes.

La correspondance entre ce nombre de grappes et le rendement potentiel de l’année est fragile à cause de divers biais et imprécisions dus au gel (compensation, taille des grappes variable selon leur type…). Le potentiel de rendement moyen est de l’ordre de 70 hL/ha pour l’ensemble de la région, 30 hL/ha pour les parcelles gelées et 90 hL/ha pour les parcelles peu ou pas gelées.

La floraison semble s’être globalement très bien passée sur les parcelles non gelées. Elle est en train de se terminer sur les grappes néoformées des parcelles gelées. Ainsi la fin floraison compte environ 10 jours d’avance sur la date moyenne de la décennie passée pour les parcelles non gelées. Depuis, cette avance s’est accrue sous les chaleurs de juin. Les parcelles gelées finissent de fleurir avec environ une semaine de retard sur la moyenne, mais le rattrapage du à leur faible charge devrait au final niveler les écarts de maturité.

On se dirige donc vers des vendanges très précoces, autour du 10-15 septembre pour les parcelles non gelées, et sans doute peu après pour les parcelles gelées. Se posera bien sûr la question du choix de la date de récolte des parcelles en partie gelées. Cette date indicative dépendra bien sur des conditions climatiques de l’été et sera affinée lors des premiers contrôles de maturité.

Indépendamment des dégâts de gel, le vignoble est en bon état, malgré des symptômes de maladies du bois en train d’apparaître, et la présence de tordeuses de la grappe. Le mildiou est très peu virulent. La chlorose est restée limitée.



 

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